Exposition

  • Du 12 janvier au 27 juillet 2024
  • Sur les horaires d’ouverture du Cube Garges
  • Tout public dès 6 ans
  • Gratuit, entrée libre

Notre environnement est sujet à de profondes mutations avec le développement des biotechnologies et de l’Intelligence artificielle. Ces nouvelles technologies produisent désormais des versions alternatives de la nature ou du passé, nous permettant de faire l’expérience de paysages, d’odeurs et de sons disparus, ou non encore advenus. Face à ce constat, les artistes-chercheurs proposent aujourd’hui de nouvelles expériences sensibles, qui seront peut-être généralisées dans un futur proche.

Cette exposition présente leurs travaux, et se compose autour de trois axes principaux : la découverte d’une nature simulée artificiellement, la régénérescence d’objets et de matière vivante disparus il y a longtemps, et des créations de design et de mode faisant appel au biomimétisme ou des matériaux bio-sourcés.

Note d’intention

Culturel ou naturel ? Naturel ou synthétique ? Artificiel ou bien naturel ? Et si les vieilles oppositions, à la peau dure, finissaient par faner ? Et si on finissait par si intimement les enlacer qu’on ne parviendrait plus à les distinguer ? La science a toujours regardé du côté de la nature, et les technologies nouvelles n’échappent pas à la règle : architectures algorithmiques aux formes organiques, constructions fongiques, aliments synthétiques servis en hologrammes, perspectives d’une informatique biodégradable, sape virtuelle bio-inspirée, environnements artificiels…
Néo-matérialités, c’est une enquête sur les perceptions et matériaux qui émergent dans nos sociétés, où la générativité naturelle épouse celle des programmes, où l’harmonie des écosystèmes rencontre la créativité humaine. C’est, d’un côté, le constat d’une nouvelle ère qui s’ouvre en design, en architecture, en mode, en art, dans notre alimentation aussi, où les nouvelles technologies s’hybrident avec les processus de la nature. Des manières de faire repensées, plus sobres et attentives aux propriétés de la matière, où l’inanimé côtoie l’animé, où l’on ne considère plus la nature selon un mode d’exploitation, mais de coopération. Et dans le même temps, c’est le constat aussi d’une matérialité virtuelle, celle des métavers, du développement de notre capacité à y ressentir des choses, y vivre les sensations du corps. Les simulations qu’on crée épousent de mieux en mieux les lois du monde, offrent la perspective de son doublement. Comme si la ligne de démarcation qu’on imaginait encore entre les nouvelles technologies et la nature, la physicalité et la virtualité était en train de se résorber.

Supreme, Xenoangel

Mondes artificiels, matière numérique

La matérialité virtuelle repose sur un paradoxe : elle n’a pas d’existence physique, mais elle existe, à travers nos sensations. Si on omet toute l’électronique qui permet leur fonctionnement (serveurs, ordinateurs, satellites…), les univers virtuels sont effectivement immatériels. Et c’est dans ce paradoxe que s’inscrit l’œuvre de Carl Emil Carlsen & Anna Fišere. Ce sont des architectures imaginées, des espaces codés, et pourtant, on peut les percevoir. On voit les environnements de cristaux liquides sous nos yeux, on entend les sons de synthèse, notre corps ressent le vertige des hauteurs simulées dans les réalités virtuelles, les dispositifs haptiques imitent les sensations tactiles… Et comme en témoignent la vidéo de Wang & Söderström et le design graphique de l’exposition d’Eva Baudry, les progrès fulgurants des logiciels de 3D accompagnent cela. Grâce à une puissance de calcul accrue, les textures des matériaux sont de plus en plus réalistes, les mises en lumière également, conférant une dimension tactile à la vue : ces formes que l’on voit, on a envie de les toucher.
Or, la beauté de ces mondes artificiels est qu’ils simulent, et de mieux en mieux, la réalité physique, tout en permettant d’en contrôler les lois, comme l’expérience presque divine qu’offre Sabrina Ratté : dans l’univers virtuel de sa conception, contrôler l’écoulement du temps, sa direction comme son rythme. De petites natures artificielles aux lois aménagées.

Installation in situ, Recycle Group

Objets-monde I, Sabrina Ratté

Bioniques

Si un jour les abeilles disparaissent, sont-ce des drones qui polliniseront les plantes ? Les activités humaines ont durablement modifié les équilibres et les écosystèmes, altéré la biodiversité. En cherchant des solutions aux conséquences de ces dérèglements, artistes, designers, scientifiques versent fréquemment vers la bionique (mot-valise composé des termes « bio » et « électronique »), un domaine interdisciplinaire combinant biologie et technologie pour créer des systèmes, des dispositifs ou des méthodes inspirées par la nature ou intégrant des composants biologiques. En somme, augmenter nos techniques à partir de l’observation du vivant, et créer des êtres hybrides, entre les règnes — végétal et électronique, organique et informatique.
Ainsi, l’artiste Thomas Pausz sélectionne les grains de pollen aux propriétés les meilleures pour la reproduction des plantes et les imprime en 3D en composants naturels (cire, pollen, sucre…) ; Florian Sumi développe un projet de marketing technologique faisant la promotion de l’informatique biodégradable grâce à la soie du ver Bombyx Mori ; Donatien Aubert imprime en 3D des bouquets de fleurs disparues. Des gestes réparateurs, des gestes de soin ; la technologie comme prothèse.

Les pierres sauvages II, Côme Di Meglio

Disparue et Chrysalide n°3, Donatien Aubert

Habiter demain

Que ce soit par imitation (biomimétisme, biomorphisme), par alliance (biosourcing) ou par respect des cycles naturels (biodegradable, éco-conception…), architectes, artistes et designers s’inspirent de la nature pour renouveler leur discipline, coopèrent avec le vivant, sans pour autant délaisser les nouvelles technologies ou le champ scientifique, au contraire. L’exposition Néo-materialités montre même la possibilité d’une voie, alliant sobriété et respect des écosystèmes avec une utilisation responsable des technologies. Ainsi Michael Hansmeyer utilise des algorithmes s’inspirant de la division cellulaire pour penser une architecture générative et responsable, Kory Bieg définit par machine learning la possibilité d’une société plus en symbiose avec la nature, Côme Di Meglio a travaillé avec des scientifiques pour développer les principes d’une construction en mycélium, Chloé Rutzerveld spécule une gastronomie à partir de la cuisine cellulaire proposant de faire pousser nos aliments in vitro, etc. Dans un temps de crise environnementale et de doute quant à nos systèmes de production, l’imagination et la créativité de ces artistes permettent d’envisager d’autres manières d’habiter le monde, d’autres modes de vie en société.

SoftVoss, Yin Yu

Culinair Cellulair, Chloé Rutzerveld

Télécharger le dossier d’exposition

Programmation cinéma associée

La piel que habito

Mardi 26 mars à 19h30

Les crimes du futur

Vendredi 19 avril à 17h30

L’année du robot

Samedi 18 mai à 16h30

Le Cinquième Elément

Mardi 2 juillet à 19h30

Les artistes de l’exposition : 

Céline Pelcé

Les artistes de l’exposition : 

  • Donatien Aubert
  • Eva Baudry
  • Kory Bieg
  • Amy Brener
  • Carl Emil Carlsen
  • Mélanie Courtinat
  • Côme Di Meglio
  • Brion Gysin
  • Michael Hansmeyer
  • Nicolas Michel
  • Thomas Pausz
  • Céline Pelcé
  • Sabrina Ratté
  • Recycle Group
  • Chloé Rutzerveld
  • Florian Sumi
  • Rihards Vitols
  • Wang & Söderström
  • Xenoangel
  • Yin Yu

L’exposition  est soutenue par :

              


Le Cube Garges est un pôle d’innovation culturelle de la ville de Garges-lès-Gonesse et la communauté d’agglomération Roissy Pays de France. Il est soutenu par le Ministère de la Culture – DRAC Île-de-France – et la Région Île-de-France.

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